Edito mars 2026: paranoïa
- Patrick Maurus

- Mar 13
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Paranoïa est certainement le terme le plus souvent utilisé par les ‘observateurs’ et autres ‘chercheurs’ dès qu’il s’agit des dirigeants nord-coréens, qui ont d’ailleurs droit à bien d’autres qualificatifs désobligeants. Si l’on peut déchiffrer le vocabulaire de ces ‘spécialistes’, cela doit vouloir signifier que la politique de défense et l’armement nord-coréens seraient surdimensionnés par rapport à la situation de ce petit pays (un quart de la France). Autre fonction de cette ’paranoïa’, justifier toutes les affirmations concernant la RPDC, depuis « l’agression nord-coréenne » de 1950 (le début de la « guerre de Corée), selon l’expression américaine qui avait alors justifié l’intervention des USA et de leurs alliés. Et par ricochet, bien sûr, le soutien à tous les régimes fascistes et militaires du Sud, puisqu’il s’agissait de faire face au ‘danger communiste’. Dont le superlatif est le danger nucléaire, sans trop insister sur le fait que les USA soient le seul pays à avoir eu recours à la bombe. Deux fois même.
Le parallèle avec l’interminable agression américaine contre Cuba (le blocus contre le régime communiste dure depuis 1962) ne peut manquer de venir à l’esprit. Et maintenant avec le Venezuela, successeur du Panama, du Chili, de l’Irak et de bien d’autres. Tout cela ne peut étonner que ceux qui veulent être étonnés. Trump n’est pas très différent de Bush junior, seulement plus brutal.
Bref les USA cognent quand ils le veulent, où ils le veulent, soutenus par la veulerie européenne. Trump a même affirmé que la doctrine interventionniste Monroe (interdisant toute ingérence européenne dans les affaires sud-américaines = justifiant les interventions américains, depuis… 1823) allait redevenir la règle.
Et si on essayait de se placer une seconde du point de vue nord-coréen (soutenu en ceci par la troisième Corée) ? Que devrait donc faire un dirigeant politique devant un adversaire qui n’hésite pas à brandir n’importe quel prétexte (comme les armes de destruction massive !) pour attaquer un autre pays et détruire un régime qui lui déplairait ? Que dire aux auteurs des innombrables films, feuilletons, livres, BD, émission de radio, articles de presse qui ne cessent d’inventer une Corée du Nord menaçante à la mesure de leurs fantasmes ? Que les USA sont une grande démocratie et qu’ils ne menacent jamais en vain ? Qui croira cela, à part un commentateur permanent d’une chaîne française d’information en continu ? En tout état de cause, dans un pays comme la RPDC qui, depuis l’armistice de 1953, se prépare à la guerre, et qui est toujours techniquement en guerre non ouverte, difficile de penser que la population locale croira une seconde qu’elle pourrait faire confiance aux Américains. Une certaine presse décrètera ‘propagande’ et ‘bourrage de crâne’ ce que sur place on appelle information, et tiendra pour nul et non avenu le discours défensif de Pyongyang, au point d’en faire un discours offensif, voire agressif.
Dans un tel contexte, quel sera donc l’effet de l’agression américaine contre le Venezuela sur la RPDC ? « Si j’étais Cubain aujourd’hui, je serais préoccupé. » a déclaré le secrétaire d’état américain, sans réveiller l’Europe… Si j’étais Coréen, je le serais aussi.

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