edito avril 2026: Le IXème congrès
- Patrick Maurus

- Apr 7
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La première information est la tenue même de ce congrès, 5 ans après le précédent, mettant fin à la forte irrégularité antérieure, donc à un véritable problème démocratique. Doutant toutefois que ce soit un message adressé à l’étranger, on peut y voir une des marques de fabrique de la politique de Kim Jong Eun, annoncer, vérifier, prouver, que sa présence sur les médias locaux vient confirmer à jets continus. En d’autres termes, il a échangé la présence sur les fresques pour une omniprésence à la télévision, dans le rôle du grand inspecteur.

Ce congrès a donc été celui du retour à la normale dans tous les sens du terme. Normale institutionnelle donc, mais aussi normale dans le respect du plan. Tout ceci demande longue réflexion et sera ici l’objet d’analyses ultérieures. Pour le moment, constatons que le passage consacré aux relations intercoréennes a été particulièrement long.
Faisant suite à l’allocation prononcée lors de la 13e session de la 14e législature de l’Assemblée populaire suprême de la République populaire démocratique de Corée le 21 septembre 2025 et à cette déclaration essentielle : « Nous fixerons par une loi que notre pays et de la République de Corée sont deux états hétérogènes, séparés par une frontière, et qu’ils ne pourront jamais (souligné par nous) être réunifiés. » déjà évoquée dans notre éditorial de janvier 2025, Kim Jong Eun a enfoncé le clou :
« La RPDC n’a rien à faire avec la République de Corée, pays le plus hostile, et exclut pour toujours la RC de la catégorie des compatriotes. Nous perpétuerons l’actuelle absence de relations avec la RC et ne rétablirons jamais la mauvaise situation passée. Rien ne nous reste de nos rapports avec la RC, et s’il en reste quelque chose ce ne sont que de froids règlements à faire et les contre-mesures à prendre à partir de nos intérêts nationaux. »
Le dirigeant nord-coréen a même par instants retrouvé un ton presque menaçant, car « au cas où les mouvements bruyants que fait la RC au seuil de la porte du pays nucléarisé (la RPDC) seraient considérés comme tendant à porter atteinte à notre contexte de sécurité, nous pourrons entreprendre une action de notre propre chef. » Voilà pour la Corée du Sud « ennemi parfait et éternel ».
Une hypothèse, fondée sur l’étude attentive des émissions et publications récentes : Le discours nord-coréen s’appuie sur l’impression dominante qu’offrent les villes d’une émulation retrouvée, qui se traduit dans une politique de construction assez stupéfiante. Le congrès lie clairement la période actuelle à la situation internationale (l’Ukraine entre autres), qui a vue « l’accroissement extraordinaire du statut international de notre République. » Interprétation ? Le capital primitif du pays est-il enfin en train de se reconstituer ?

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