Welcome to Dongmakgol, 2005, Sud
Welcome to Tongmakgol, film de Park Kwang-hyun, adaptation d’une pièce de théâtre de Jang Jin, patron de la société de production Film It Suda, avec Shin Ha-kyun, Kang Hye-jeong, Jeong Jae-yeong, 2005, couleur, 133’

Deux groupes de soldats du Nord et du Sud, chassés par les hostilités et, c’est plus original, par leurs hiérarchies, se retrouvent dans un village de montagne, littéralement n’importe où, Dongmakgol. Ils cherchent d’abord à en découdre, mais l’ignorance et la surprise des villageois les font changer d’avis. Car dans ce village, on ne sait même pas que la guerre ravage la péninsule. Du coup, symboliquement, il n’est ni du Nord ni du Sud, simplement coréen ! Les soldats décident très vite de l’aider, d’autant qu’un pilote américain va y tomber par hasard et leur apprendre que le village va être bombardé. Ils vont s’efforcer de sauver le village.
Ce film, un des rares à tenter de garder l’équilibre (comme JSA), est un des plus intelligents d’un cinéma qui semble préférer s’enfoncer dans la métaphysique et la violence, lesquelles évitent de réfléchir. La mise en parallèle des deux camps, tant dans le drame que dans le sacrifice, est particulièrement bien traitée. Car les soldats de deux côtés sont des victimes et des héros avant même de trouver le village, puisque condamnés avec leurs hommes par leurs supérieurs. Une fois dans le village, ils sont très vite avalés par l’humour, la culture et la vie quotidienne des paysans, car on doit comprendre - sans doute la seule faiblesse du film - que la division politique n’est pas naturelle. Ce que l’histoire ne confirme sans doute pas.
Quant à l’apocalypse finale, elle répond à la logique de la politique et du scénario : Étant donné que toute réunification entre Coréens est impossible, ceux que le scénario a réunis ne peuvent qu’être à nouveau séparés ou éliminés. Syndrôme JSA.
