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Tuition, 1940, Corée japonaise

Tuition, 수업료, suôbnyo ou 학비, hakbi, Frais de scolarité, film de Choi Ingyu (tombé malade en cours de tournage et remplacé par) Bang Hanjun, avec Susukida Genji, Chông Ch’anjo, Kim Chong’il, 1940, 82’, NB, film redécouvert dans les archives chinoises, son médiocre.

Tuition, 1940, Corée japonaise

Yôngdal, à dix ans le meilleur élève de quatrième année d’une école primaire de Suwon (beaux plans de la porte Hwasômun et de la forteresse, on parle japonais à l’école, mais coréen à la maison, tant pis pour la légende du ‘coréen interdit’) ne peut plus payer ses études, ses parents ne donnant plus de nouvelles depuis six mois. Sa grand-mère est trop pauvre et se rend malade au travail. Mais le méchant propriétaire foncier coréen n’est pas entièrement sans cœur et ses amis viennent à son aide en collectant des objets, et son professeur Dasiro (Japonais en uniforme) donne l’argent à la grand-mère. Mais tout disparaît dans le loyer, et Yôndal devra ensuite jusqu’à marcher 60 li jusque chez la Mère Pyôngt’aek pour pouvoir payer les frais de scolarité. Il revient en bus, triomphant. Le maître invente une boîte de l’amitié où les élèves et le personnel ont glissé de l’argent pour les élèves pauvres... Juste au moment où arrive une lettre du père avec de l’argent, annonçant leur retour pour les fêtes de Chusôk. Retour en effet des parents colporteurs dans l’écrin des murs de la forteresse et au rythme de la musique nong’ak. Du coup la grand-mère en ressuscite presque.
Inspiré d’un livre et d’un film japonais, Les Frais de scolarité a été produit en 1939-40 par Lee Chang-yong de l'entreprise de cinéma de Goryeo et réalisé conjointement par Choi In-kyu et Bang Han-jun. Avec la maladie soudaine de Choi In-kyu au début d'octobre, remplacé par le réalisateur Banghan Joon qui a réalisé le film "Hangang" (1938), le film est tourné en juin 1939, a été Le scénario est tiré d’un texte écrit par un écolier, Wu Suyông, primé par le Gouvernement général colonial.
Montré au Japon, le film aurait poussé certains spectateurs à envoyer de l’argent aux écoliers nécessiteux. Ce film parfaitement raccord avec les intérêts du pouvoir colonial, mais plutôt léger sur ses effets, autorise aujourd’hui des lectures pondérées. Le fait que le voyage à Pyôngt’aek soit l’objet d’une très longue séquence narrativement peu fondée ouvre sur diverses interprétations. Même si les gosses coréens de l’époque apprenaient à l’école qu’ils étaient Japonais (qu’entendaient-ils à la maison ?), pourquoi Yôndal chante-t-il dans la forêt le chant militaire japonais Aemajin-gunga (애마진군가, 愛馬進軍歌)? Parfait exemple de la Corée rêvée par le Japon colonial. mais film coréen quand même. Pourquoi ne pas y voir simplement un exemple (éventuellement bon) de film kollabo?

Patrick Maurus, BS
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