Secret Sunshine, Miryang, 2007, Sud
Miryang est une petite ville de la province conservatrice du Kyôngsang, désastreusement connue pour un épisode de viols collectifs dont les accusés n’ont pratiquement pas subi les conséquences, en raison de l’attitude bien peu surprenante des autorités policières et judiciaires locales. Ce n’est pas son sujet (comment ne pas y penser), mais c’est aussi le titre d’une des nouvelles éponymes les plus poignantes du romancier Yi Ch’ôngjun adaptée au cinéma par celui qui pouvait correspondre le mieux au propos de l’auteur, Yi Changdong. Il fallait la convergence de vue des deux des plus grands créateurs de la Corée du Sud pour traiter sans voyeurisme le pire drame pour toute mère, l’enlèvement et l’assassinat de son enfant. Le titre, Miryang, pôlle iyagi, Histoire d’Insectes (publié dans L’Azalée blanche, Actes Sud), nous oriente vers l’idée de petites gens, de moins que rien, de drame ordinaire, d’événement disparu aussi vite que survenu. Ce qui est à relier à la position générale de Yi Ch’ôngjun, originaire de la province martyre du Chôlla. L’esprit général est une sorte de : cela ne pouvait arriver qu’à nous, et dans l’indifférence générale.
Shin-ae, installée tardivement dans la petite ville de Miryang, fait donc face à l’horreur, avec l’enlèvement et le meurtre de son fils. Mais il y aura pire encore : L’assassin, une fois arrêté, se convertit en prison et s’estime pardonné par Dieu en personne. Privant la mère de son droit au pardon. Désespérée, elle se donne la mort.
