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My sassy Girl, 2001/2017, Sud

My sassy Girl, 엽기적인 그녀, Ma fille insolente, 2001, de Kwak Jae-yong, Corée du Sud, avec Jeon Ji-hyeon et Cha Tae-hyun, couleur, 123’
My sassy Girl, 2008, remake américain de Yann Samuell, avec Elisha Cuthbert, Jesse Bradford
My sassy Girl, 엽기적인 그녀, Ma fille insolente,2017, série télévisée de Oh Jon-seok, Corée du Sud, avec Joo Won, Oh Yeon Seo, Lee Jung Shim, Kim Yun Hye, couleur, 32x30’
Windsruck, 내 여자친구를 소개합니다, Je vous présente ma petite amie, 2004, de Kwak Jae-yong, Corée du Sud, avec Jeon Ji-hyeon et Jang Hyuk, couleur, 123’

My sassy Girl, 2001/2017, Sud

Cette farce, d’après un roman de Kim Hoshik, existe sous forme de film et sous forme de série, tous deux à grand succès. Cette femme bizarre, nous dit le titre, est un avatar de ‘l’emmerdeuse’ de cinéma, version Katharine Hepburn, Bringing up baby (Hawks, 1938). Une nuit, elle rencontre son Cary Grant, lequel, embarrassé par l’ivresse de cette inconnue, la conduit dans une auberge faute de mieux. De là une longue suite de quiproquos, plus ou moins volontaires, en raison du caractère ‘bizarre’ de la jeune femme, qui prend plaisir à martyriser le déjà amoureux Kyun-woo. Le spectateur a déjà compris comment se terminera cette aventure.
La bonne idée de l’adaptation en drama est le déplacement historique, dans un passé joliment anachronique, avec des costumes bien neufs et bien repassés. Ce ne serait un problème que si le drama avait des prétentions sérieuses, c’en est un dans la mesure où flotte toujours ce léger parfum idéologique rectificateur des séries modernes : le passé était cruel pour les paysans et les femmes, mais le scénario vient nettoyer tout cela, ce qui permettra au prince d’épouser la princesse. Donc, de retour de Chine, Kyun Woo tombe sur une jeune femme complètement ivre et au comportement scandaleux (pour une femme de l’époque), qu’il conduit dans une auberge pour qu’elle reprenne ses esprits. Lorsqu’elle se réveille, se méprenant sur ses intentions, elle l’agresse en public. On apprend rapidement que lui va devenir précepteur du prince héritier, et qu’elle est la fille du roi, princesse Hye Myong, casse-pieds patentée qui fait le mur du palais tous les soirs.
Le scénario nous offre une seconde piste, historico-politique, qui va envahir la troisième partie, peut-être pour rééquilibrer la seconde, à l’eau de rose, consacrée aux amours de Kyun Woo et Hye Myong. Car le roi a des velléités modernistes, ce qui lui vaut l’ire des conseillers bien conservateurs. Il a décidé de rétablir l’usage du Shinmungo, ce tambour installé en place public et sur lequel chacun peut frapper pour alerter le roi d’une injustice.
Avec ces deux versions, le cinéma sud-coréen montre au moins qu’il est capable de produire autre chose que des comédies de série Z. Il semble y consacrer désormais autant de moyens.
Kwak Jae-yong a aussi tourné en 2004 un film de la même veine et d’une structure fort semblable, 내 여자친구를 소개합니다, Je vous présente ma petite amie (Windsruck), dans lequel la policière Kyungjin arrête un homme qu’elle confond avec un véritable criminel. Un peu plus tard, celui-ci, Myung-Du (même nom et même acteur que My Sassy Girl) découvre avec stupéfaction que Kyungjin doit l’accompagner pour protéger ses élèves lors d’une sortie scolaire. Et caetera. Certes, la narration va vite se complexifier, largement en partie des démons qui dévorent l’héroïne (morts de sa sœur et de son partenaire), mais elle fonctionne largement parce que My Sassy Girl est son intertexte (son interfilm). Ce qui est peut-être un peu trop demander à un mélo (assumé) assez fouillis.

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