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Monts Taebaek (Les), 1994, Sud

Les Monts Taebaek (1994), 태백산맥 Taebaek sanmaek, drame historique de Im Kwônt’aek (lui aussi du Chôlla), avec Ahn Sung-gi, Kim Kap-su, Oh Jung-ae, couleur, 164’

Monts Taebaek (Les), 1994, Sud

Corée du Sud, 1948, des militaires envoyés réprimer l’île de Cheju se rebellent, puis doivent se réfugier dans les monts Chogye, dans un des maquis qui ont pris forme avant la Guerre. Parmi eux, Yôm Sang-jin, qui a un frère dans l’autre camp, Yôm Sanggu, lequel va mener la répression. Variation sur le thème si fréquent du double, déterminé par la réalité de la division. Plus tard, Chông Hasôp, autre communiste, cherche refuge chez Sohwa, la chamane. Quant au professeur Pômwu (An Sônggi), qui se refuse à prendre parti, il condamne les violences des deux côtés. On voit venir le héros et le porte-parole du cinéaste. Il est agressé par le groupe anticommuniste qui terrorise la ville et dont Sanggu devient le chef. Les diverses trajectoires, toutes plus tragiques les unes que les autres, vont se transformer en destin, avec l'éclatement de la guerre de Corée proprement dite. Dans un moment de répit, Pômwu explique à son ami militaire pourquoi les paysans étaient communistes. Parce que les propriétaires projaponais les exploitaient alors qu’au nord on redistribuait les terres. Une vraie prise de parti. A ceci près qu’à la fin du film, il explique à un paysan qui s’adresse à lui pour savoir ce que veut dire partager la terre, que le communisme n’est pas la solution. Un jeu de balance, ce qui n’est déjà pas mal étant donnée l’ambiance du Sud, et qui se place résolument dans la filiation du roman de Ch’oe Inhun, La Place.
Les deux camps sont semblables, même si le Sud est beaucoup plus stigmatisé, et commettent les mêmes crimes. Et le film s’achève sur la débandade générale, et la jeune chamane qui célèbre son kut qu’on voulait lui interdire. La ‘vraie’ Corée ‘éternelle’.
Le film est bien ficelé, mais le scénario est envahi par l’histoire, comme dans certains romans d’Alexandre Dumas. Son principal intérêt est de faire commencer l’histoire avant la guerre, donc d’en explorer certaines origines.

Patrick Maurus
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