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Manmubang, 1994, Sud

만무방, Manmubang, Les Impudents, Les Indécents, film sud-coréen de Um Jong sun, avec Jang Dong-hwi, Yoon Jeong-hee, Kim Hyeong-il, Shin Young-jin, 1994, couleur, 101’

Manmubang, 1994, Sud

Vers la fin de la guerre de Corée, une femme, madame Aju, tente de survivre dans une maison au toit de chaume avec un chien de Jindo, dans la montagne sous la neige, en levant alternativement le drapeau du Sud et le drapeau du Nord au gré du passage des soldats des deux camps. Le front est relativement stabilisé pendant que les pourparlers s’enlisent à Panmunjom, mais des francs-tireurs sont dispersés dans la nature. Deux hommes poursuivis trouvent séparément refuge chez elle et elle les cache malgré le danger évident. Commence alors une sorte de guerre dans la guerre, où des Coréens (les vrais?) évitent les soldats, en particulier les Nord-Coréens menés par une cheffe beaucoup trop belle pour une partisane réfugiée dans les montagnes par un froid de gueux.
Le vieux se révèle un véritable obsédé et le jeune un grand débrouillard, leur permettant de survivre tout en dormant dans la même pièce. Des épisodes tragi-comiques (Feydeau sous les bombes) mènent à la victoire du jeune qui prend la place du vieux sur la couette d’Aju, où il se révèle bien plus vigoureux ! Le vieux découvre une grenade qu’il n’est pas capable de dégoupiller, puis une jeune et très belle femme qui a perdu son chemin vient chercher refuge pour la nuit dans la chambre du vieux, avec tout son barda. Les voilà quatre. La jeune fille ne tarde pas à révolutionner la maison et le jeune essaie de la violer. La deuxième tentative sera la bonne qui mène à une bagarre générale. La jeune fille meurt et les deux hommes sont tués pendant que la maison brûle. Sur fond de coups de feu dans la montagne et devant la maison détruite, Aju lève les deux drapeaux. La guerre privée est devenue une métaphore de la grande guerre. Leçon: la guerre détruit la vie tout autant qu’elle détruit la Corée.
Étonnamment négatif pour un film de 1994, celui-ci est tiré du roman de Oh Yu-kwon, dont le titre dit tout: Un toit de chaume dans un no man’s land de montagne.

Patrick Maurus
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