top of page

JSA, 2000, Sud

JSA, 공동경비구역, Joint Security Area, réalisé par Park Chan-Wook, en 2000, d'après un roman de Park Sang-yeon, avec Lee Byung-hun, Song Kang-ho, Lee Young-ae, couleur, 110’

JSA, 2000, Sud

Joint Security Area (en coréen : Kongdong Kyŏngbi Kuyŏk). Le jour de signature de l’armistice entre la RPDC, la République de Chine et les forces dîtes de l’ONU, le 27 juillet 1953, après trois ans d’hostilités, (il n’y a pas à l’époque, de traité de paix et il n’y en a toujours pas eu depuis) la ligne de cessez-le-feu, hyujŏnsŏn, est établie à l’endroit où se trouvent les troupes. Le village où se sont déroulés les pourparlers, déplacés de la ville de Kaesong, s’appelle P’anmunjŏm. Le périmètre autour des baraquements est appelé JSA, Joint Security Area, et se visite des deux côtés sous haute surveillance. La zone démilitarisée qui s’étend sur deux kilomètres de profondeur de chaque côté et sur environ 250 km de long d’est en ouest, est désignée sous le nom de DMZ. L’humour tragique de toute guerre fait que cette zone dite démilitarisée est un des lieux les plus armés de la planète.
JSA est aussi le titre d’un film sud-coréen à très grand succès, tourné par Park Chan-wook en 2000, et imaginant un huis-clos entre deux soldats du Nord et deux soldats du Sud, réunis par le hasard des patrouilles, que d’anciens appelés nous ont confirmé possibles. La tension dramatique de ce film, l’un des plus intelligents de toute la cinématographie du Sud, tient au fait que cette rencontre est interdite et qu’elle donne lieu en même temps à des heures de rigolade, loin du drame réel de la division. De plus, comme Welcome to Dongmakgol, de Park Kwang-hyun en 2005, il finit (logiquement) mal. Encore un écart à l’américanisation cinématographique du monde. Car ce rêve de réunification, même pour quelques furtifs instants, n’est pas possible. La frontière est hermétiquement close depuis 70 ans. Si un film (ou toute œuvre de fiction) en propose une vision en une heure trente ou deux cent cinquante pages, il doit apporter une solution à une question insoluble, donc faire table rase de lui-même et détruire toutes les traces. La mort et le feu. Comme l’a écrit le coréanologue américain Gregory Henderson, dès 1974 : “Aucune division d’un pays dans le monde actuel n’est aussi sidérante que la division de la Corée ; aucune n’est plus étrangère aux conditions et aux sentiments à l’intérieur du pays lui-même au moment de cette division ; aucune à ce jour n’est aussi inexpliquée ; dans aucune les erreurs de prévision ne semblent avoir joué un rôle aussi important. Au bout du compte, il n’existe aucune division dans laquelle le gouvernement américain porte autant de responsabilité que dans la division de la Corée.”
Ce film peut légitimement concourir au titre de Meilleur film sud-coréen.

Patrick Maurus
bottom of page