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Jiokhwa, A Flower in hell, 1958, Sud

Jiokhwa, Une Fleur en enfer, 지옥화, film restauré en 1986 par le Korean film archives (son médiocre), film de Shin Sang-ok (aussi producteur) , avec Kim Hak, Jo Hae-won, Choi Eun-hee, Kang Seon-hee, NB, 87’

Jiokhwa, A Flower in hell, 1958, Sud

Vivant dans un bidonville jouxtant une base américaine, Young-sik dirige un gang très organisé qui voler des marchandises dans les entrepôts pour les revendre au marché noir. Son jeune frère Dong-sik, juste démobilisé, vient à Séoul pour le faire rentrer dans leur ville natale où leur mère les attend, mais il se fait dévaliser en arrivant. Young-sik refuse de le suivre et propose à la prostituée Sonya (qui l’appelle yôbo - chéri entre époux - et ne cesse de mâcher du chewing-gum) de l'épouser une fois qu'il aura fait un gros coup. Wikipedia offre la merveilleuse formule suivante en ce qui la concerne : “Sonya, une femme fatale travaillant dans le domaine du service à la personne auprès du personnel militaire américain, conjointe non exclusive du précédent” ….!
Mais Sonya séduit Dong-sik un soir lors d'une soirée dansante pendant que Young-sik et son gang volent des marchandises dans la base. Young-sik les surprend et leur flanque une raclée. Afin de s'enfuir avec Dong-sik, Sonya dénonce Young-sik à la police militaire, mais il échappe de peu à une longue traque. Dong-sik et Sonya le retrouvent blessé dans les champs (que fait la police !), mais Young-sik poignarde Sonya et meurt à côté d’elle. Dong-sik rentre chez lui avec Julie, la jeune prostituée orpheline de guerre qui souhaite l'épouser depuis le début.
Ce film de Shin Sang-ok réjouira d’abord ceux qui veulent avoir un aperçu de la Séoul de la fin de la dictature Syngman Rhee. La capitale constitue un remarquable décor, gare de Séoul Namdaemun et son marché, GI’s, racket, prostitution, voyants, camps militaires, dancings (très érotiques pour le cinéma de l’époque), tramways. Dans la carrière de Shin Sang-ok, qui semble avoir vu beaucoup de films italiens, les grands films n’ont pas encore commencé, mais celui-ci est étonnament noir pour un cinéaste qui va encencer les dictateurs successifs. Paradoxalement, le monde qu’il décrit permet de comprendre un peu comment Pak Chung-hee va réussir à convaincre une partie de la population du besoin d’un pouvoir fort. Pour une autre, il y a la police en place depuis les Japonais.

Patrick Maurus
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