Horse-year Bride, 1966, Sud
Horse-year Bride, 말띠신부, Les mariées du signe du cheval, 1966, de Kim Ki-deok (1934-2017), Corée du Sud, NB, 90min, avec Shin Seong-Il, Eom Aeng-Ran, Choi Ji-Hee, Nam Mi-Ri

Les femmes nées sous le signe astrologique du cheval ont pour réputation de « dévorer » leurs maris. En 1966, c’est même bien pire puisqu’il s’agit de l’année du Cheval de feu ! Le cinéma sud-coréen saisit l’occasion pour proposer cette comédie désopilante, burlesque et profondément drôle. A travers le récit d’un astrologue loufoque ayant joué les arrangeurs, trois femmes nées sous le signe du cheval et récemment mariées, jouent des tours à leurs maris. En effet, elles-mêmes nées sous le signe du cheval, et bien que très fier de leur caractère bien trempé, ne veulent absolument pas tomber enceintes et donner naissance à une fille l’année du cheval de feu. Elles vont donc jouer des pires stratagèmes pour éviter les avances de leurs maris et ne pas avoir de rapports sexuels. Elles vont donc prétendre être déjà enceintes et vont faire vivre un enfer domestique à leurs maris, renversant ainsi les rôles de genres. Mais la supercherie ne pourra pas tenir longtemps, tant leurs maris sont à cran…
Outre nos trois protagonistes et leurs maris désabusés, c’est à travers d’autres femmes nées l’année du cheval que l’intrigue se construit en illustrant, toujours avec un grand humour, l’espièglerie des femmes de ce même signe astrologique. La bande son très twist et rythm and blues plonge le spectateur dans un Séoul des années soixante très friand des modes américaines. Le film est aussi très moderne pour son époque et aborde des questions sociétales frontalement : relations de couples, sexualité, maternité, rôle de genre, avortement et éducation. L’humour et la morale du film énoncée par le gynécologue à la fin du film : « Si vous avez une fille l’année du cheval, étant peu nombreuses, elle pourra avoir facilement accès aux meilleurs écoles et avoir un bon travail dans un environnement très compétitif (déjà !), voir même devenir Miss Korea ! » ne suffira pas à faire tomber la croyance. En effet, les prédictions de cette comédie se sont avérées exactes et, en 1966, le taux de fécondité de la Corée du Sud, comme les autres pays d’Asie de l’Est suivant le calendrier luni-solaire, a connu une sévère chute.
