Home behind bars, 만남의 집, Sud
Home behind bars, 만남의 집, mannamûi chip, film de Cha Jông’yun (Jung-yoon), avec Song Ji-hyo, Kim Bo-min, 123’, couleurs

Présenté lors du Festival du cinéma coréen (c’est-à-dire sud-coréen) de Paris en octobre 2025, ce film de Cha Jeong-Yoon ne s’appuie sur aucun des grands traits ou travers de celui-ci. Pas de truands, pas de division, pas de zombies, pas de teenagers déviants, pas de famille unie prête à s’égorger. Nous sommes transplantés en prison, comme nous l’indique un peu le titre anglais, quelque chose comme Chez soi derrière les barreaux ou A la maison en prison. En coréen c’est sibyllin : Maison de rencontre, à la limite de l'ambiguïté. Nous sommes dans une prison pour femmes, de petite taille et sans violence visible. Notre attention n’est orientée que vers une seule cellule collective pour 5 femmes, qui dorment côte à côte sur des nattes et, dont, très significativement, nous ne saurons jamais pourquoi elles se trouvent là, même indirectement.
Car tout le film évite les pointes, les piques, les événements saillants. On y parle peu. Les motivations du personnage principal ne sont jamais évoquées. Taejo est une gardienne d’un certain grade, dont l’humanité retenue s’exprime par la sympathie qu’elle montre envers une jeune collègue aux tendances humanistes. Toutes deux décident d’aller à l’enterrement de la mère d’une détenue quadragénaire et mutique qui n’a pas le droit de s’y rendre. Sur place, elles tombent sur sa fille de quinze ans, Junyong, ostracisée par sa famille qui lui reproche l’emprisonnement de sa mère. Divorcée, Taejo va la prendre en charge, et tout faire pour que la mère enfermée et la fille (qui refusent d’abord) se retrouvent dans la maison de rencontre des familles, à l’intérieur de la prison. D’où le titre coréen.
Relations très finement montrées, dialogues exprimant le degré de respect et/ou d’intimité (via les terminaisons grammaticales de politesse), réflexions d‘autant plus intenses qu’elles sont silencieuses, un des grands points d’intérêt du film, qui ne sombre jamais dans le mélo, est la façon dont tous les groupes sont marqués par un respect extrême des règles, même non écrites, même inventées, y compris à l’intérieur de la cellule. Ce qui s’exprime aussi ou surtout dans la façon dont ces femmes s‘adressent les unes aux autres. Même en s’y mettant à quatre, les sous-titreurs n’ont pas réussi à en rendre compte. Il est vrai qu’ils ont rarement le dernier mot.
