Femme qui s’est enfuie (La), 2019, Sud
The Woman Who Ran, 도망친 여자, Tomangch’in yôja, La Femme qui s’est enfuie, film de Hong Sangsu, avec Kim Minhee, Kim Saebyuk, Seo Young-hwa, couleur, 2019, 77’, Ours d’argent à Berlin (2020)

Très structurée, comme souvent chez Hong Sang-soo, La Femme qui s’est enfuie est articulée en trois épisodes, autour d’un personnage central : Une jeune mariée qui sort pour la première fois sans son mari pour voir trois amies qu’elle ne voit jamais. Première visite chez une divorcée, qui boit sec et a un problème de chat de gouttière avec la colocataire. On se trouve entre Inwang et Pukhansan, au nord de Séoul, quartier abordable et excentré, qu’on atteint symboliquement en franchissant des ‘cols’ . La seconde a trouvé une location bon marché grâce à un ami qui travaille dans le spectacle, comme le mari de la première. Elle jette dehors un jeune poète avec lequel elle a couché une fois. La troisième est une artiste désoeuvrée dont le mariage avec un homme, probablement l’ex de la protagoniste, un prof traducteur de l’anglais, bat de l’aile. Ils travaillent dans un café littéraire, le Tall In café.
Chaque visite s’achève sur la présence d’un homme à peine entrevu et le départ de la femme annoncé dans le titre. A la recherche de son passé, elle fuit probablement son mariage. D’ailleurs, à la dernière scène, elle revient dans ses pas dans le café culturel. Un indice, ces femmes vivent près du mont Inwang, le centre des activités chamaniques. Elle est comme un esprit qui revient hanter ses anciennes amies. Ou bien est-ce le contraire. Le film est simplissime, ponctué de rapides épisodes humoristiques impliquant des animaux (poules, ‘chats voleurs’, végétarisme) qui sont autant de petits riens qui, comme les sujets de conversations (le passé, les liaisons amoureuses) constituent le quotidien de femmes qui n’existent plus que par les mots.
