Crash landing on you, 2019, Sud
Crash landing on you, 사랑의 불시착, sarangûi pulshich’ak, L’atterrissage forcé de l’amour, série télévisée de 16 épisodes de Lee Jeong-hyo, avec Ri Jeong-hyuk et Yoon Se-ri, 2019

Le feuilleton Crash Landing on You, 사랑의 불시착, c’est-à-dire L’Atterrissage forcé de l’amour, succès considérable qui, sans renoncer aux codes du genre, émet une petite musique sur le Nord infiniment plus subtile que ce que proposent en général les chaînes de télé et la plupart des films. La chute accidentelle d’une businesswoman du Sud dans la DMZ entraîne une série parfaitement invraisemblable d’événements plutôt drôles, mais qui sont une occasion inespérée de dérouler une histoire dans un décor “nord-coréen” qui se doit, lui, d’être vraisemblable. Conformément au format populaire, il y a des gentils Sud-Coréens et des méchants Sud-Coréens, des gentils Nord-Coréens et des méchants Nord-Coréens, ce qui dévie déjà fortement du film d’espionnage habituel. Le plus surprenant est que, pour parvenir à ce vraisemblable, malgré d’impossibles traversées du pays dans tous les sens et à tout vitesse, le drama donne de la RPDC une image plutôt guillerette, à mille lieues du militarisme ambiant, même s’il y a des militaires partout. PM
Episode 1: Notre businesswoman, Yoon Se-ri (joué par Son Ye-jin), donc, prise dans une tornade très théâtrale (= c’est un conte qu’on va nous présenter) est ramassée en pleine zone démilitarisée (pour les lecteurs peu familiers: la zone de 4km de large qui sépare les deux Corée(s) depuis l‘armistice, un des lieux les plus militarisés du monde !) par le capitaine Ri Jong-hyuk (joué par Hyun Bin). Avant l’accident, nous avons vu Se-ri, fille d’un grand patron qui sort de prison, défier ses frères manipulés par leurs femmes et accepter la direction de la boîte familiale. Quelques autres méchants ont fait leur apparition, le capitaine trafiquant d'œuvres d’art qui fait assassiner ses complices, le type qui a escroqué le petit frère de Se-ri et va se réfugier en RPDC pour ne pas être retrouvé. La barque est un peu lourdement chargée, la tentative de fuite de Se-ri dans la zone démilitarisée côté Nord est très improbable, mais l’originalité du scénario l’emporte. Quant à l’exotisme, il est assuré par quelques incrustations expliquant soit des institutions soit des formes linguistiques purement nordistes, qui font effets véridiques. Et puis le point fort de l’ensemble, l’humour saupoudré sur la narration tragique. Les hypothèses proposées par Se-ri pour essayer d’identifier le capitaine qui la découvre dans le DMZ sont à pleurer de rire. Se-ri ne pouvant croire ce qui lui arrive et faisant la liste des explications possibles, finissant par comprendre qu’elle se trouve où se déroulait le film JSA*, cité dans le dialogue !
