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Chasse à la Baleine, 1984, Sud

Chasse à la Baleine, 고래사냥, korae sanyang, 1984, film de Bae Chang-ho, scénario de Choi Inho, avec Kim Soo-chul, Lee Mi-sook, Ahn Sung-ki, couleur, 109’

Chasse à la Baleine, 1984, Sud

Étudiant en philosophie édenté, Byungtae va se présenter à un concours de bodybuilding pour séduire l’étudiante Miran, allant pour cela jusqu’à penser partir pêcher des baleines. D’aider une femme ivre dans la rue le mène au commissariat, situation embarrassante dont il se sort grâce au mendiant Minwoo, le roi des débrouillards dès qu’il s’agit de soutirer des sous à des touristes à Itaewôn. Minwoo l’entraîne une vie de débauche (Ahn Sung-ki). Il rencontre dans un bordel la muette Chunja, (Lee Mi-sook), battue par le patron parce qu’elle repousse les clients, et qui parle pendant son sommeil. Elle veut rentrer chez elle, dans l’île Udo. Byungtae et Minwoo l’enlèvent en volant une ambulance, poursuivis par les hommes de main du bordel. Ils traversent tout le pays, prétexte à de superbes images, à des épisodes un peu attendus, à une bande-son ironique, et cet épisode de road movie les mène jusqu’aux merveilleux bords de mer du sud, où les truands les attendent. Après une bonne raclée, pendant laquelle Chunja retrouve la parole, le maquereau décide de les laisser partir. Chunja retrouve sa mère, tandis que les deux Pieds Nickelés décident de repartir, promettant de revenir au printemps.
Grand succès de Bae Chang-ho, ce film ‘populaire’ mérite d’être revu. Exemple type du film populaire à la coréenne des années 80, ce mélo entrecoupé de scènes comiques concernant des petits et des obscurs, le ton et les personnages, par leur définition sociale et leur usage du monde (soumis et narquois à la fois), le sentiment de revanche toujours possible des plus faibles quand la barque est vraiment trop chargée, ont trouvé un public. L’alternance de quasi-farce et de drame (avec happy end attendu), de bonnes prises de vue, plus le choix du chanteur Kim Soo-chul pour jouer le rôle principal et s’occuper de la musique ont permis d’offrir une bouffée d’air frais au cinéma coréen, généralement d’une médiocrité insigne dès qu’il s’agit de comédie. Rien de vulgaire ici, ni de démagogique. Le choix d’Ahn Sung-ki en mendiant et truand au grand cœur donne au film le ton un peu populiste de gauche qu’avait déjà Les gens du quartier Kkobang, son premier film, deux ans auparavant. Bae Chang-ho a tourné un Chasse à la baleine 2 en 1985.

Patrick Maurus
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