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Blue Summer, 2023, RP Chine

Blue Summer, A Song sung blue, 小白船, Xiǎo bái chuán, Petit Bateau blanc, film de Geng Zi-han, Meijun Zhou, Ziqi Huang, Jing Liang, Long Liang, 2023, couleur, 92’

Blue Summer, 2023, RP Chine

Au nord-est du Heilongjiang entre Harbin et Hulan, c’est-à-dire à l’extrême nord-est de la Chine (ce qu’on appelle toujours en Occident la Mandchourie), considéré comme un véritable far-west (east !) par le reste du pays, la chronique sensible des relations entre deux jeunes filles vient remplacer les films de gangsters qui s’accumulent dans la filmographie chinoise dès qu’il s’agit de cette région..
La très jeune Liu Xian est envoyée vivre chez son père le temps que sa mère effectue une mission médicale en Afrique. Le père est un photographe de quartier sans succès, qui vit avec une employée coréenne. Laquelle a une fille qui aspire à devenir hôtesse de l’air, Jin Mingmei, qui fascine très vite Liu Xian par son aisance et sa liberté avec les hommes. Une relation érotisée se noue entre les demi-sœurs par alliance, faite d’innombrables silences. Liu Xian cherche à s’attirer les bonnes grâces de Mingmei, qui semble glisser sur les problèmes et les relations.
Si bien des thèmes sont placés sous le signe double, comme les cheveux de deux couleurs de Liu Xian, la double ‘nationalité’ chinoise-coréenne, marquée par l’usage des deux langues, cet aspect-là n’est guère creusé. Bien que Blue summer soit l’un des très rares films à proposer intelligemment deux couleurs pour les sous-titres, afin de distinguer le coréen du chinois, ceux-ci ne permettent pas de comprendre linguistiquement le rôle des Coréens en Chine. Ce n’est certes pas le sujet, mais une partie de la fascination exercée par Mingmei reste alors incompréhensible. Ainsi du costume coréen que Liu Xian doit enfiler pour chanter dans sa chorale et dont il ne reste qu’un exemplaire pour homme. Ainsi du quartier de Myongdong à Séoul dont Mingmei rêve et qui fait écho à son propre nom quand il est prononcé en chinois. Les rares moments où les Coréens sont montrés comme des Coréens de Chine sont à peine perceptibles et nécessitent explication : le restaurant coréen affiche fièrement « Au goût de Séoul », Pyongyang n'intéressant guère économiquement les Han, c’est peu dire ! Et il faut être un Coréen du fin fond de la Mandchourie pour oser définir la jeu de cartes hwat’u comme un jeu japonais… (Nous ne prenons pas parti !)
Song sung blue (le titre anglais en référence à Neil Diamond ?) est le premier film d’une jeune cinéaste fascinée par ses plans et ses décors, un film qui ne finit pas, destiné à ceux qui aiment le bleu…

Patrick Maurus
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